Toubabou !
Et oui, nous sommes les toubabous de N'Zérékoré, pas les seuls, mais il n'y en a pas assez pour que les gens soient vraiment habitués, donc il n'est pas rare de croiser des enfants dans la rue, et les entendre dire "toubabou, toubabou", avec leur petite voix, en rigolant. J'avoue, ça a son charme. Parfois ils vont même jusqu'à venir te serrer la main, et dans tous les cas ils vont te faire coucou. Il est quand même difficile de sortir inaperçu dans la ville.
Concernant le journal de bord, voici une journée type pour un blanc qui ne travaille pas à N'Zérékoré:
Lever vers 8h, pour avoir le temps de profiter de la journée, petit déjeuner tout prêt sur la terrasse, puis câlin au chat (une petite minette toute blanche très câline, qui s'est trouvée une bonne copine), tranquillement, puis départ vers la ville vers 10h. Mes premiers pas toute seule dans la ville: au bout de 10 m, les enfants s'arrêtent pour me saluer, les femmes aussi, beaucoup veulement me serrer la main, beaucoup veulent avoir mon avis sur le foot, bref 2 femmes m'interpellent: "Hé, Marie (les gens pensent que tous les blancs s'appellent Marie....), tu vas faire le chemin avec nous". Ok, j'ai pas trop lechoix, et de toute façon c'est avec plaisir que je papote un peu avec elles. Toutes les autres femmes que l'on croise connaissent mes deux guides, alors nous nous arrêtons toutes les 10 secondes pour faire les présentations....puis elles m'emmènent dans une petite échoppe-salon de coiffure, car je leur expliquais que j'avais chaud à cause des cheveux longs, et me voici en train de faire tripoter les cheveux par 3 femmes, puis toutes les autres qui passent par là et qui sont subjuguées par mes cheveux, puis c'est parti pour les tresses: photo à l'appui! Pas mal, ou bien ?

Une fois ma coupe faite et payée (moins de 1 euro), je prends un taxi-moto cette fois pour rejoindre le centre ville, et en particulier le carrefour des libanais, où j'ai rendez-vous chez un copain libanais avec Thomas et d'autres amis. J'arrive un peu en avance, et discute avec Khodor, que l'on connait déjà un peu. C'est Le libanais à connaître: il sait tout sur la ville, les gens, les choses que l'on peut avoir ici, tout l'éléctroménager et compagnie c'est lui, donc c'est un très bon contact.
Pendant que nous buvions un bon café libanais (très épicé), une fille un peu handicapée fait la manche devant le magasin. Elle insiste un peu trop et Khodor essaie de la chasser, alors elle se met à crier et à se mettre toute nue dans la rue, personne ne fait attention à elle pendant 5 minutes. Puis des femmes des échoppes voisines arrivent avec des batons pour la chasser et lui lancent ses fringues, les enfants rigolent devant elle...dure scène, où je suis impuissante et observatrice, devant tant de cruauté.
Nous nous retrouvons enfin, et allons manger dans un maquis proche de là: et prenons tous un riz gras (1500 frs, soit 0,30 cts le plat), et un coca, car l'eau destinée à être bue est dans des seaux autours des tables avec de grands gobelets en plastique, mais elle n'inspire pas vraiment confiance...puis nous nous promenons dans le marché, je passe chez le tailleur récupérer un pagne que j'avais donné à finir (20 cts pour les 4 ourlets), j'achète un ananas, et hop, taxi-moto, retour à la maison, pour 1000 francs.
Je suis épuisée, j'ai eu une dure journée, j'ai dépensé 2 euros, je donne les derniers ordres de nettoyage au gardien de jour (chasse aux cafards, nettoyage de la cuisine, linge...), et je m'endors aussitôt!!